La généalogie des Protestants en France

Cet article fait suite à la conférence passionnante organisée par l’association « LA FRANCE GÉNÉALOGIQUE CEGF » (http://www.cegf.org/#!page–lfg-accueil) aux Archives de Paris ce 26 janvier 2016, et présentée par Monsieur Robert Guy – administrateur à L’ AGFG (http://blog.agfg-franconville.fr/).

Pour la plupart des généalogistes dont les ancêtres vivaient en France, la méthode de recherche est assez simple : l’Etat Civil nous permet de remonter de génération en génération jusqu’à la Révolution Française, par les actes de naissance, de mariage et de décès, puis avant 1792, ce sont les registres paroissiaux (consultables en mairie ou aux Archives Départementales) qui prennent le relais, avec les actes de baptêmes, mariages et sépultures, jusqu’à atteindre la date où il n’existe plus de registres conservés.

Ceci fonctionne plutôt bien à l’exception des régions où les archives ont été détruites lors de conflit tel que la première guerre mondiale, la commune de Paris ou les guerres napoléoniennes, à condition que vos ancêtres aient été catholiques. Il en va différemment s’ils étaient protestants.

Un peu d’histoire

On ne parlera ici que des protestants fidèles à la doctrine de Jean Calvin, que l’on appelait aussi Huguenots, les plus nombreux en France dès le 16ème siècle – sauf en Alsace.

Jean Calvin est né à Noyon en Picardie, le 10 juillet 1509. C’est durant sa jeunesse que la nouvelle religion protestante commence à apparaître en France, à partir de 1517, date de l’excommunication de Martin Luther par le Pape. Exilé à Genève, Calvin aura une grande influence sur la constitution d’églises protestantes dans la France entière, et plus particulièrement dans la moitié sud du Royaume (Cévennes, Béarn, Rouergue, Dauphiné) mais aussi en Normandie, Poitou et Pays de Loire.

La situation des protestants en France est dès le départ compliquée. De nombreuses persécutions, puis les Guerres de religion, auront lieu jusqu’en 1598, date de la proclamation de l’Edit de Nantes par Henri IV, et même après.

Tolérés  de 1598 à 1685, date à laquelle Louis XIV révoque l’édit de Nantes à Fontainebleau, les protestants sont ensuite condamnés à vivre dans la clandestinité ou à s’enfuir à l’étranger (Allemagne, Pays-Bas …).

La situation s’améliore en 1787 avec la publication par Louis XVI de l’Edit de Tolérance, puis avec l’avènement de la liberté religieuse lors de la Révolution Française.

Les périodes et les difficultés pour le généalogiste

L’apparition de la religion protestante est contemporaine de la tenue des premiers registres de baptêmes rendus obligatoires par François 1er lors de lors de l’ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539.

En 1559 le premier synode protestant impose la tenue de registre de baptême en Français, comme pour les paroisses catholiques.

A partir de là, et jusqu’à 1685 (révocation de l’édit de Nantes), les églises protestantes ont tenu des registres de baptêmes, puis de mariages et de sépultures. Parfois les registres seront annexés aux registres paroissiaux. Pour cette période, si l’on a localisé les registres (souvent dans les Archives Départementales ou dans les mairies), la généalogie se fait de la même façon que pour une famille catholique.

Après la révocation de l’édit de Nantes, on retrouvera les descendants des protestants qui ont abjurés leur foi pour devenir catholique dans les registres paroissiaux. Pour les autres commence ce que l’on appelle la période du Désert : des pasteurs clandestins et itinérants parcourent les campagnes pour célébrer le culte, baptiser les enfants et bénir les mariés, au péril de leur vie (s’ils étaient pris c’était la condamnation à mort assurée). Les territoires couverts par un même pasteur pouvaient  être immenses, d’Annonay à Nîmes par exemple. Un couple pouvait parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour faire bénir son union ou faire baptiser un bébé. Par chance, de nombreux registres du Désert ont pu être regroupés aux Archives de l’Ardèche, mais les manques sont fréquents, il est souvent difficile de reconstituer les pièces du puzzle.

A partir de l’édit de Tolérance de 1787, et surtout de l’établissement de l’Etat Civil, en 1792, la tâche du généalogiste ne sera pas plus difficile quelle que soit la religion de ses ancêtres.

Quels actes pour quels événements ?

Les protestants contrairement aux catholiques ne reconnaissent que 2 sacrements, le baptême et l’eucharistie.

Les actes de baptêmes sont donc très similaires à ceux de la religion catholique. On y trouve généralement les noms des parents et des parrains et marraines. Pendant la période du Désert, les parents protestants feront souvent baptiser leurs enfants par le prêtre de la paroisse, en l’absence de pasteur disponible. Il ne faut donc pas hésiter à consulter les registres paroissiaux de cette période-là pour retrouver les baptêmes d’enfants protestants.

BaptemeProtestant

Baptême trouvé en annexe des registres de la paroisse de Nogentel (02), année 1675, concernant des fidèles du temple protestant de Monneaux, paroisse d’Essômes-sur-Marne (Source : Archives Départementales de l’Aisne). On remarquera les prénoms bibliques de l’enfant, des parents, parrain et marraine (Rachel, Abraham, Magdeleine). Les Isaac, Sarah, Elisabeth, Suzanne, David sont également typiques.  L’apparition de tels prénoms au cours de la généalogie devra faire penser à la religion protestante si on se retrouve bloqué pour continuer les recherches dans les registres paroissiaux.

Contrairement au baptême, le mariage n’est pas un sacrement chez les protestants. C’est le contrat de mariage réalisé chez le notaire qui valide l’union, qui sera ensuite bénie par le pasteur. Il en découle plusieurs conséquences pour le généalogiste :

  • Les recherches dans les actes notariés sont encore plus indispensables que pour une ascendance catholique.
  • Les registres protestants contiennent en général les bénédictions des unions, mais souvent les noms des parents des époux ne sont pas mentionnés. Les bénédictions ont souvent lieu pendant le culte du dimanche, alors que les mariages catholiques sont célébrés en semaine.
  • Pendant la période du Désert, les actes de baptêmes des enfants de protestants célébrés à la paroisse catholique mentionnent fréquemment la situation de concubinage des parents – seul le mariage catholique étant reconnu comme mariage légal. Le mot « concubinage » était déjà utilisé à l’époque.

BenedictionProtestant

Bénédiction d’un mariage, trouvée dans le même registre que le baptême ci-dessus.

Enfin, les sépultures étaient généralement mentionnées simplement comme une mise en terre du défunt. Les testaments par contre sont des sources très précieuses, surtout ceux des femmes qui recelaient beaucoup de détails.

Comment Wingen peut vous aider

Le logiciel Wingen est conçu pour vous permettre de saisir tous les types d’actes.

Vous pouvez vous inscrire gratuitement ici : http://www.wingen.axolog.fr/

Pour les baptêmes, qu’ils soient catholiques ou protestants, on utilisera l’acte prédéfini « Baptême », accessible pour la personne active via le menu « Personne active, Baptême », qui permet de saisir les parrains et marraines, et via le bouton « memo » les éventuels autres personnes présentes :

EcranBapteme

Pour les mariages, nous conseillons d’utiliser le mariage proposé en standard, ainsi il apparaîtra dans l’arbre en fond d’écran et dans les différents arbres et listes (quartiers etc.). On y accède soit par le menu « Personne active, mariages », ou en cliquant sur le symbole « X » pour toutes les personnes visibles à l’écran :

EcranMariage

Ici on a cliqué sur le premier mariage de Nicolas François, père de la personne active, pour le modifier.

On pourra indiquer dans le « Memo » en commentaire qu’il s’agit de la bénédiction d’un couple protestant, avant d’y ajouter les témoins.

Il est important pour chaque acte d’ajouter les parrains, marraines, témoins et toutes les personnes citées dans l’acte, avec leur profession, lien de parenté etc. En effet dans Wingen ils seront tous créés en tant que personne, ce qui vous permettra dans la suite de vos recherches de faire des recoupements et de créer des liens entre individus lorsque vous aurez confirmation de leur lien de parenté.

N’hésitez pas par exemple à indiquer en commentaire sur le témoin d’un mariage « Beau-frère de l’épouse », même si vous ne connaissez pas encore la sœur de l’épouse. Vous créerez le lien plus tard, lorsque vous tomberez par exemple sur le mariage dudit beau-frère.

Wingen vous permet également de saisir tous les actes notariés.

Pour un contrat de mariage, on se placera sur un des époux et on créera un « Evénement de couple » (toujours via le menu « Personne active ») :

MenuEvenement

Un nouvel écran vous demande alors de créer ou sélectionner la deuxième personne du couple (en effet elle n’est peut-être pas à l’écran, si vous n’avez pas encore trouvé ou créé le mariage).

Puis une fois les 2 membres du couple choisi, vous devrez remplir l’écran correspondant à l’événement (ici le contrat de mariage).

On choisira le type « Contrat de mariage », et on pourra saisir les détails et le notaire via le bouton mémo – on conseille de créer le notaire dans les personnes présentes, comme nouvelle personne, cela permettra de le retrouver par la suite :

EcranEvenementCouple

On pourra aussi utiliser cet écran pour créer un événement « concubinage » (qui est un des types d’événement proposé dans la liste), ou même la bénédiction d’un couple par un pasteur protestant, en choisissant le type « Autre événement » dans la liste, et en indiquant « Bénédiction par le pasteur » dans la description.

Pour les testaments et autres actes notariés concernant un seul individu, on utilisera le menu « Autres événements, Individuel », qui nous amènera à l’écran suivant :

EvenementIndividuel

Tous les détails et personnes citées pourront être rentrés via le bouton memo.

Le conférencier nous a conseillé en cas de blocage sur une ascendance de travailler par patronyme et de relever tous les actes contenant le nom concerné même si à première vue les liens de parenté ne sont pas évidents. Ils nous a aussi mis en garde sur les homonymes, en effet il était courant qu’un enfant ait le même prénom que son père, sa mère ou son parrain, que des sœurs se marient avec des frères etc. On rencontre même des frères ou des sœurs ayant survécu à la petite enfance et qui portaient le même prénom.

Wingen peut vous aider à gérer tout cela et à retrouver des liens entre les personnes, grâce à sa fonctionnalité de sélection de personnes :

Prenons un exemple, vous avez un acte dans lequel intervient une femme nommée Marie Olier. Vous la rechercher par l’écran de sélection (qui est proposé à chaque fois que vous voulez créer un parent, témoins, parrain, marraine, enfants via les différents menus et boutons des écrans des actes et des mémos) :

SelectionPersonne

On constate qu’il y a déjà 10 personnes nommées Marie Olier. Celle que l’on recherche, d’après son âge dans l’acte que l’on est en train de saisir, est née vers 1715. Dans la liste il y en a 3 de possibles : « Olier Marie vers 1715 », « Olier Marie vers 1712 » et « Olier Marie 20 juillet 1716 ».

Avant de choisir l’une d’entre elle, Wingen vous donne la possibilité de consulter leur fiche respective en utilisant le lien « Fiche » présent à droite de la liste.

Par exemple pour « Olier Marie 20 juillet 1716 » on aura :

Fiche

De plus si elle avait été témoins ou marraine, ce serait aussi indiqué dans la fiche.

Cela permet de déterminer si une des Marie Olier correspond à celle que l’on cherche, ou s’il faut en créer une nouvelle. Si par la suite on s’aperçoit que l’on a créé 2 personnes différentes qui se trouvent être la même personne, Wingen possède une fonction de fusion de personnes, qui permet de récupérer les renseignements que l’on a dans les 2 personnes à fusionner et d’en faire une seule.

Bien sûr toutes ces facilités offertes par Wingen ne s’appliquent pas qu’à la généalogie des familles protestantes, mais à toutes les branches de notre arbre dès lors que les archives deviennent lacunaires (dans certaines paroisses rurales du Morbihan par exemple on a des dizaines d’années de registres paroissiaux où les mariages ne mentionnent que très rarement le nom des parents des époux ; la méthode est la même que celle exposée ici : rechercher tous les enfants du couple en espérant que la marraine de l’un d’eux sera la grand-mère ou la tante par alliance, rechercher les mariages dont un des conjoints a le même patronyme, les décès de personnes ayant le même patronyme qu’un des époux etc. jusqu’à trouver un indice qui permettra de remonter à la génération au-dessus avec certitude.

N’hésitez pas à laisser des commentaires et à poser des questions, toute l’équipe de Wingen est à votre disposition pour vous conseiller et vous aider à progresser dans vos recherches.

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